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Forum Decideo Open Source – 3ème édition

Hier se tenait à La Défense la troisième édition du forum Décidéo Open Source. Puisque j’y étais, je vais en faire une petite synthèse ici-même 😉

La matinée (très dense) était entièrement consacrée à des retours d’expérience clients sur des solutions décisionnelles open source, bien naturellement celles des sponsors du Forum, à savoir Talend, Actuate BirtJasperSoft, SpagoBI via la société Altic.

Petit aperçu des présentations :

  • Formaltis (éditeur de solutions RH) pour l’implémentation de  JasperServer Pro dans sa solution. Les utilisateurs finaux peuvent ainsi consulter des rapports pré-définis ou à la demande avec le constructeur de rapport full web basé sur des métadonnées (les « domaines » chez Jasper)
  • Laser Loyalty (groupe Galeries Lafayette et BNP Paribas Personal Finance) pour la mise en place l’ERP Open Source Compiere avec le soutien de l’intégrateur Audaxis. Egalement des rapports et des tableaux de bords Jasper, cette fois-ci intégrés dans Compiere
  • Coface pour du reporting interne avec BIRT (version open source). Une réelle alternative à Business Objects qui ne répondait pas aux exigences en terme de fonctionnalités et d’intégration (adaptation de la charte graphique, facilité du déploiement, intégration dans l’environnement Java Weblogic,  multilinguisme…). BO continue cependant d’être utilisé (bien sûr) par des utilisateurs avancés.
  • Ville de Rueil-Malmaison: témoignage de Marc-Noël Fauvel, DSI, sur les bénéfices (humains notamment) de l’approche Open Source qu’il pratique déjà depuis plus de 10 ans
  • DGFiP (Ministère des finances) avec Eric German (le créateur de la v1 du SSO LemonLDAP), qui a présenté (sans aucun slide, chapeau bas !) sa vision sur la BI Open Source et notamment sur les 2 typologies de BI, et donc les 2 catégories d’utilisateurs constitués par: 1/Reporting+Tableaux de bords 2/Analyse multidimensionnelle (exploration de données…)
  • Agnès B, dans lequel le service informatique a testé et déployé des solutions OSBI (Talend, SpagoBI, Jasper) pour mettre en place du reporting et des cubes OLAP pour ses différentes filiales. Dans ce retour d’expérience, j’ai notamment appris que Kettle était 5 à 10 fois moins rapide que Talend pour l’alimentation d’un schéma en étoile (!!!???). Bien sûr, cela m’a beaucoup interpellé, mais malheureusement je n’ai pas pu échanger sur ce point avec Emmanuel GALLOIS:  j’aurai bien aimé en savoir un peu plus sur la méthodologie employée et la version de Kettle utilisée. Mon blog lui est ouvert pour échanger sur ce point.
  • La Ville de Châteauroux pour la mise en place d’un portail d’indicateurs sur les consommations énergétiques avec Talend, SpagoBI et Mondrian. Cela me rappelle un projet client mené par Atol CD avec une ville du sud-ouest qui a déployé des tableaux de bords sous Pentaho, notamment pour le suivi des consommations téléphoniques.

On a peu parlé de Pentaho (dommage mais c’est le jeu) sauf que tous les cubes OLAP présentés ont été réalisés avec Mondrian :-), l’excellent (et unique) moteur ROLAP Open Source (soutenu par Pentaho donc).

Au final, quels retours d’expériences ont tiré ces clients de ces projets en mode OSBI ?

Ils sont multiples :

  • OSBI = Innovation technologique + fonctionnelle & respect des standards (web2.0, java…)
  • OSBI = Facilité d’intégration et d’enrichissement par rapport aux solutions propriétaires
  • OSBI = Réactivité, fourniture rapide de livrables. L’OSBI, c’est aussi la possibilité de se tromper et de remplacer un composant par un autre s’il ne procure pas satisfaction grâce au téléchargement et aux tests des versions gratuites
  • OSBI = Réduction notable des coûts (pas toujours le premier critère mais quand même…)
  • OSBI = Impacts humains bénéfiques. La mise en place de solutions open source au sein des DSI permet souvent de donner un nouvel élan aux équipes informatiques et d’accroître leur force de proposition. Bien sûr, un accompagnement au changement doit-être effectué (formation essentiellement) et rien ne peut se faire sans l’accord et le soutien de la direction générale.

L’après-midi s’est orienté sur des ateliers thématiques « produits », juste après un débat (futile ?) entre des éditeurs BI propriétaires (Microsoft, Microstrategy) et Open Source, qui n’a même pas eu le soin de répondre à la question posée: « Open source et gratuité : ce que vos clients choisissent réellement ! »

Pour vous faire une idée, je vous invite à suivre le débat en vidéo :

Concernant les différentes démos auxquelles j’ai assisté,  j’ai été très impressionné par la qualité du travail de la société Jedox et leur outil de simulation MOLAP full web + Excel-Like (je reviendrai très prochainement sur cette solution).

Je note aussi l’excellent travail de Talend avec Talend MDM (Master Data Management) permettant de gérer la qualité des données au sein d’une entreprise… 🙂

Bref, au final une journée très intéressante qui permet également de nouer quelques liens avec d’autres personnes intéressées par l’OSBI.

Encore bravo à Philippe Nieuwbourg qui fait avancer pas mal le sujet de l’open source en général et de l’OSBI en particulier 😉

2 Comments

  1. Bon résumé Sylvain,
    Si Decideo accorde plus d’importance à l’open source BI je m’en félicité également mais cela n’a pas toujours été le cas et je vois plus en ces démarches une façon d’être à l’affût de l’actualité et donc un témoin que l’osbi doit être pris en compte aujourd’hui. Parole de journaliste en somme.
    Je regrette de ne voir que des pâles copies de projet habituel conditionnés et vendus à ce jour par les solutions propriétaires. Un projet BI standard finalement mais réalisé avec des solutions OpenSource. Si cela peut être une manière de redynamiser des dsi, tant mieux mais j’attends plus de l’osbi. Seul la mention « OSBI = Facilité d’intégration et d’enrichissement par rapport aux solutions propriétaires » est une bonne piste.
    A mon sens ce que je rêve de voir comme expérience user, un projet BI qui a su faire avancer l’urbanisation informatique d’un client en n’étant pas seulement une couche supplémentaire dans son eco-système mais bien un outil mettant du liant entre ses propres outils. L’osbi est une solution pour s’intégrer à n’importe quel existant quand le propriétaire doit lui développer son connecteur maison et encore le valider du bout des lèvres… Si le but n’est que de faire du report et du cube, la panoplie des outils existants est large, propriétaire ou open. Certains propriétaires se défendent bien. Mais lorsqu’il s’agit de les intégrer à un environnement existant, c’est une autre histoire. Il nous faut imaginer des reports opérationnels accessibles directement depuis l’erp du client (et ceci en SSO), des tableaux décisionnels accessibles eux directement depuis l’intranet (le portail) de l’entreprise et le tout s’en inquiéter les responsables applicatifs prêt à vous faire passer le moindre problème comme le résultat de cette intrusion dans leur système!
    Voilà juste une petite pensée pour confirmer que les choses bougent, et je suis le premier à m’en réjouir, mais que j’espère surtout que des projets OSBI ne s’aveugleront pas à tenter de faire aussi bien que les propriétaires, mais plutôt d’être plus communicants, plus « integrés » car c’est bien là que leur avantages financiers rentreront en compte. Si à outil comparable l’OSBI ne gagnera pas la lutte prix, il le gagnera sans problème sur son faible coût d’impacts sur le reste de l’infra. (Ex: ne pas être obligé d’avoir tel ou tel navigateur (si si ca existe encore), ne pas être obligé d’avoir tel ou tel système d’exploitation, ne pas être obligé de faire du lobyong auprès d’un éditeur pour l’ajout d’une fonction, …).
    C’est ça être Open non ?!
    A+

  2. Bonjour Sébastien,

    Je trouve ton analyse très intéressante, elle correspond plutôt à ma vision de l’OSBI: des plates-formes ouvertes, prévues pour être enrichies, une intégration facilitée dans des environnements techniques existants (SSO, LDAP, portails web, reconditionnement des chartes graphique, cloud, saas…).

    C’est ce que je vis au quotidien avec Pentaho, la seule plate-forme OSBI qui regroupe les critères selon moi indispensables pour pouvoir être déployée chez des clients qui veulent une solution stable, intégrable, modulaire et pouvant être customisée (j’ai encore pas trouvé l’équivalent chez les autres).
    Selon moi, les facteurs essentiels sont réunis :
    1. Qualité du code (écrit dans les règles de l’art, aussi bien le Java que la partie javascript Web 2.0, c’est pas toujours le cas ailleurs…)
    2. Degré d’ouverture de la solution: seules des fonctionnalités d’administration avancées sont dans la version PRO, on a d’ailleurs toujours une alternative à ces fonctionnalités avancées grâce à la communauté Pentaho, d’ailleurs très fertile. Je pourrai prendre comme contre-exemple Jasper chez qui toutes les fonctionnalités innovantes et intéressantes sont dans la version PRO (domaines de métadonnées, constructeur de rapport et de dashboard full-web..)
    3. Facilité d’appropriation de la solution. Pour un usage de base, il n’est pas nécessaire de coder en JAVA, ni de rentrer dans de la conception web avancée: c’est un point essentiel ! Le SQL suffit, avec un zeste de HTML/Javascript light pour concevoir des dashboards avec Pentaho CDF
    3. Nativement, la possibilité d’enrichir la plate-forme en ajoutant des fonctionnalités sous forme de plugin, sans rien casser au noyau. PENTAHO l’a prévu, et ça c’est vraiment une force, une vraie volonté d’ouverture
    4. Stabilité: chaque release de Pentaho CE est vraiment testée et donc utilisable (bien sûr, il y a tjrs des bugs comme ailleurs, mais jamais vraiment bloquants)
    5. Documentée: Le wiki de pentaho est très riche, de plus 2 livres de référence sont dispos: « Pentaho Solutions » et « Pentaho Reporting 3.5 for Java Developpers ». Un bouquin sur Kettle « Kettle Solutions » co-écrit par Matt Casters va sortir fin 2010.

    Pour terminer, l’intégration de composants open source, chez ATOL CD on connait, et pas seulement dans l’OSBI, c’est d’ailleurs le coeur de notre activité
    L’open source nous permet ainsi de faire fonctionner ds la même interface des couches fonctionnelles différentes: du SIG dans du CMS, de la Gestion documentaire rattachée à du SIG (avec notre projet MyDocGis) et bientôt du GeoBI (du vrai, pas des trucs en flash ou fait avec GoogleMaps, qui en fait ne sont absolument pas de vraies requêtes spatiales… Je reviendrai la dessus bientôt)

    Merci pour ton commentaire
    A bientôt
    Sylvain

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